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Burkina Faso: Modeste Rasolodera le père de l’architecture moderne du pays n’est plus.

La nouvelle est tombée ce mercredi 30 juin 2021 tel un couperet. L’homme âgé de 77 ans a tiré sa révérence laissant derrière lui une œuvre architecturale immense qui sans doute inspirera la future génération des bâtisseurs du continent.

« En Afrique, quand un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle ». Cette citation D’Amadou Hampâté Bâ, résume parfaitement la disparition de l’architecte Modeste Rasolodera, celui-là même qui est considéré à juste titre comme étant le père de l’architecture moderne du Burkina Faso. Calme et discret, l’homme est parti comme il a vécu laissant parler ses œuvres sans jamais chercher la moindre reconnaissance. Pour bon nombre de professionnels du Btp, Modeste Rasolodera a été un grand et vrai panafricaniste qui aura contribué à la construction de l’Afrique Nouvelle sans bruit, ni discours fumeux.

L’architecte ivoirien Dieudonné Wango est assez laudateur dans son hommage. « Il y’a trop à dire sur la vie architecturale de Modeste. Sa vision, le bon architecte doit savoir s’effacer et vivre son art dans la discrétion la plus totale, voir l’anonymat ». Ce cliché est assez révélateur de ce que fut la vie de Modeste Rasolodera. Brillant architecte, il est toujours resté loin des projeteurs. Son métier, c’est ce qui le passionnait. Et c’est avec ferveur qu’il savourait de manière adorable, ses créations. A ce propos, son parcours professionnel est assez édifiant.

En effet, c’est à Amparafaravola dans l’île de Madagascar que Modeste Rasolodera voit le jour le 10 août 1944. En parfait inconnu, il débarque dans les années 1976 au Burkina Faso en provenance de la France pour assister Pierre Wango Sawadogo dans la gestion du nouveau cabinet d’architecture AAED. Sa collaboration dans cette agence aura été d’un apport très significatif. Il est notamment le principal concepteur et acteur central dans la maîtrise d’œuvre des ouvrages tels que l’Université de Ouaga ; le siège de la Société nationale d’assurance et réassurance (SONAR) ; le siège de la Société nationale burkinabè d’électricité (SONABEL) ; le siège du Conseil burkinabè des chargeurs (CBC) ; l’immeuble siège des Nations unies à Ouagadougou ; le siège de la Banque centrale des états de l’afrique de l’ouest (BCEAO) ; les villas de standings zone A Ouaga 2000 pour le sommet France-Afrique de 1996.

Ayant à cœur la protection de l’environnement, il se retire peu à peu du cabinet d’architecture AAED. Et à partir de 1998, il se lance dans la construction des résidences écologiques dans la ville de Ouagadougou. En collaboration avec le cabinet ANSWER’architectes, il développe en 2005 des ouvrages à Haute qualité environnementale. A titre illustratif, on peut citer les centres d’éducation de base non formelle (CEBNF) et la restructuration/la réhabilitation du grand marché Rood Woko de Ouagadougou.

Titulaire d’un diplôme d’Architecte DPLG de l’Ecole nationale supérieure des beaux-arts de Paris en 1971, Modeste Rasolodera a été Secrétaire général du Centre de recherche en méthodologie appliquée en architecture et en aménagement (CRMAA) à Nantes entre 1971 et 1976. A l’unité d’architecture du même centre, il a enseigné la pédagogie.

Ce côté pédagogue durant ces dernières années lui auront permis de dénoncer les nouvelles dérives de l’architecture burkinabè qui selon lui ne s’inspirait plus des valeurs ancestrales et de l’environnement local.

Eyene François

Rédigé par : Eyene François

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